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Parutions

 

STING : un facteur clé de l’immunité antivirale de la drosophile à l’Homme

 

La molécule STING (STimulator of INterferon Genes) joue un rôle clé dans l’immunité antivirale chez les mammifères. Le gène STING est également présent chez les invertébrés, qui ne possèdent pas d’interférons, soulevant la question du rôle ancestral de cette molécule. Cette étude met en évidence un rôle de STING chez la drosophile dans l’immunité antivirale. Les résultats, publiés le 14 août dans la revue Immunity, révèlent qu’une voie de signalisation impliquant STING régule l’infection par des virus à ARN chez cet animal qui a divergé des mammifères il y a plus de 500 millions d’années. Ils suggèrent que le rôle de STING chez l’Homme pourrait dépasser le cadre de la régulation des interférons.

 

L’immunité innée, commune à tous les groupes animaux, est la première barrière contre les infections. Elle implique des voies de signalisation régulant notamment les facteurs de transcription de la famille NF-kB, qui ont une origine ancienne et ont été conservées au cours de l’évolution. Ainsi, les voies Toll et IMD, qui sont activées chez la drosophile en réponse aux infections bactériennes et fongiques et régulent l’expression de peptides antimicrobiens, présentent de nombreuses similarités avec les voies de signalisation activées par les Toll-like receptors ou les cytokines interleukine-1 ou TNF chez l’Homme. Le rôle de ces voies de signalisation dans l’immunité antivirale chez les insectes demeure moins bien caractérisé.

Dans cet article, les chercheurs montrent que deux molécules de la voie IMD, la kinase IKKb et le facteur de transcription NF-kB Relish régulent l’infection par deux virus à ARN apparentés aux picornavirus (i.e. virus polio, hépatite A) chez la drosophile. Parmi les gènes induits par cette voie en réponse aux infections virales figure un homologue de la molécule STING (Stimulator of interferon genes) qui, comme son nom l’indique, régule la production d’interférons en réponse aux infections par les virus dont le génome est composé d’ADN chez les mammifères. STING a donc un rôle antiviral chez la drosophile dans le contexte d’infection par des virus à ARN et  agit en amont d’ IKKb et de Relish.

Ces résultats révèlent pour la première fois une fonction pour un homologue de STING chez un invertébré. Ils indiquent que l’émergence de STING et sa fonction antivirale sont antérieures à l’apparition des interférons chez les vertébrés, et suggèrent que le rôle de STING pourrait dépasser la régulation de ces cytokines antivirales chez les mammifères et la résistance aux virus à ADN.

 

Figure : Comparaison Homme/drosophile. La molécule STING joue un rôle dans la signalisation antivirale chez la drosophile, en activant la kinase IKKb et un facteur de transcription de la famille NF-kB. Ces résultats mettent en évidence une fonction antivirale de STING indépendante de la régulation des interférons.

© Akira Goto & Carine Meignin

 

En savoir plus

Contact chercheur

 

  • Jean-Luc Imler
    Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire (IBMC)
    CNRS UPR9022, Université de Strasbourg
    15 rue René Descartes
    F-67000 Strasbourg
    Tél. 03 88 41 70 37

 

Mise en ligne le 24 août 2018

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